« La vie est un véritable combat », cette phrase vaut tout son pesant d’or. Oui la vie est un combat, pour atteindre un équilibre potable, tu dois te préparer à l’affronter, qui de vous deux prendra le dessus ? that’s the question. Mais une chose est certaine, tu te laisse abattre, elle prend le dessus, tu te laisses démoraliser, elle prend dessus, tu choisi la voie de réussite facile, même là elle prend toujours le dessus, car sous tes airs de Monsieur qui roule carrosse, Madame conscience sera toujours à te remémorer l’origine exacte de ton « bien-être ».

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Dans un pays comme le mien, j’ai nommé Cameroun, la masse met toujours sur le banc d’accusation le gouvernement qui ne fait rien pour sortir d’aucun du monde du chômage, je ne m’exclus pas. A la réalité, combien de nous sommes qualifiés ? One more question !

Il me revient à ma deuxième année de formation en traduction, mon centre de formation ayant prouvé ses limites en matière de recherche de stage académique aux étudiants, je me suis lancée à la recherche d’une agence de traduction à même de m’accueillir en qualité de stagiaire, mais la tâche ne fut pas des moindres aisée, j’excellais d’échec en échec. Chaque j’arpentais les rues de Douala à la recherche d’un stage au sein de tout ce que je voyais comme structure, Dieu sait le nombre de demande que j’ai déposé dans cette ville.

La fin de la formation pointe à l’horizon, nous abordons alors le cours sur la phase pratique d’un traducteur, où entre autre, il nous est enseigné le code éthique, les instruments requis pour un bon traducteur, et le must des must l’utilisation des outils de TAO, comprendre traduction assisté par ordinateur. Ce cours nous était dispensé par M. Amougou, un homme à la carrure de 2 m imposante. Je me souviens encore très bien de la première fois qu’il fit son entrée dans notre salle de formation, où dès son entrée je me suis exclamée : « papaa’a c’est longueur que tu veux voir », il me lança un regard et toute la salle éclata en rire…

M. Amougou, je disais était donc notre professeur de TAO, mieux encore, CEO d’une agence de traduction de la ville. Bingo ! Faut qu’on se le dise, un cours théorique de TAO sans la pratique c’est comme faire des études de pilote sans jamais mettre pied dans un avion. Mais comment faire pour être stagiaire dans l’agence de M Amougou. De toutes les façons, si le soleil ne vient pas à moi, c’est moi qui irai à lui. Un soir à la fin du cours, j’ai dit :

Moi : Excusez-moi M., j’ai une question. Comment faire pour être stagiaire dans votre agence ?

Lui : Un peu surpris, me dit, voilà l’adresse e-mail de la boîte. Envoyez votre demande à cet e-mail.

Une fois l’adresse e-mail donné, c’est tout le reste des étudiants qui se sont précipités pour la noter. Première chose que je fis à la sortie du cours, arrêt dans un cyber café, rédaction d’une demande de stage et clic sur envoyé, et c’est partie. Hum, une semaine, pas de réponse, deux semaines, pas de réponses. A la troisième semaine, je pris la résolution d’envoyer de nouveau ma demande. Purée, les Dieux de la traduction sont-ils contre moi ? Un mois après toujours pas de réponse. Nouvel envoi, pour la même demande en date du 5 mars 2010, le 7 mars 2010 je reçois une réponse qui me demande de me présenter le 08 mars 2010 à l’agence de traduction pour les modalités de mon début de stage. Oui, oui et oui !!!!

Comme requis, me voici à Language Bridge Translation le 08 mars 2010 vêtue de mon kaba de la femme, n’est ce pas la journée de la femme ?  Je rencontre Mlle Céline (nom modifié), elle me dit d’attendre le Patron et me fit asseoir. 10h30, M. Amougou se pointa, on alla m’annoncer et il me fit appeler. Sans aucune modestie, il ne me proposa même pas e m’asseoir, debout lui face à son ordinateur portable passait en revue les mails.

Lui : ah, c’est vous Mlle Ndewe qui souhaite faire un stage ici ?

Moi : Oui monsieur.

Lui : Vous avez inondé ma boîte avec vos demandes, j’ai compris que si je ne vous donne pas de réponse, je n’aurai pas la paix.

Moi : Désolée, de vous avoir importuné

Lui : Ok, bien examinons cette demande de stage au peigne fin.

Sapristi !! si je ne suis pas morte de stress ce jour, de sa voix imposante, il décortiqua ma demande mot par mot, virgule par virgule, point par point, me fit ressortir toutes les erreurs ce styles, ne manquait même pas de m’insulter, de remettre en cause mon niveau d’études, partant du particulier au général, insultant toute la jeunesse….malgré la présence de l’air conditionné, je transpirais à grosse goutte, du front à l’entre jambe, la sueur dégoulinait jusqu’au sol on aurait dit une sortie d’urine. Un sermon qui dura une heure de temps, moi toujours debout. Un moment donné, fatigué d’injures et ne pouvant dire mots, des larmes s’échappèrent de mes yeux, mais je les essuyais vite fait. Pour finir, il me demanda de revenir le lendemain avec une lettre manuscrite adressée à ma sœur et de souligner « si une seule erreur se retrouve dans cette lettre, votre demande de stage sera purement et simplement annulée. »

A la sortie de ce bureau, je me suis assise sur un pan d’escalier pour souffler un grand bout, une question me taraudait l’esprit, dois-je revenir ici pour ce stage avec un patron aussi arrogant à la limite sauvage ? Comment vais-je faire pour survivre deux mois dans cette atmosphère car tous mes textes de traduction seront passés au peigne fin. Mais c’est armée de courage que je me suis de nouveau pointée le lendemain avec ma lettre manuscrite à la main et mon stage pouvait commencer…. 

Je ressors de cet épisode avec une leçon, oser est l’une des plus belles libertés.

Spéciale dédicace à Ibot Ibot S.T.